Alors que la RT 2012 entre en vigueur dans le tertiaire et sera prochainement applicable au secteur résidentiel, nous ne cachons pas notre satisfaction de voir les orientations qui sont enfin prises par les pouvoirs publics. La RT 2012 marque en effet un tournant important et dessine une voie qui semble bien plus pertinente pour atteindre les objectifs fixés. Au-delà de l’abandon des exigences minimales techniques des RT précédentes en termes de résistance thermique qui va enfin nous permettre d’avoir une approche globale du bâtiment sans nous focaliser uniquement sur l’épaisseur de l’isolation, stratégie peu payante jusqu’à aujourd’hui, l’importance accordée à l’étanchéité à l’air des bâtiments est significative. Il s’agit en effet d’un facteur crucial de l’efficacité énergétique des bâtiments qui a été trop longtemps négligé.
Une étude datant de 2007 et réalisée par David W Yarbrough, chercheur américain référent en matière d’isolation, démontre que la résistance thermique R d’un isolant perméable à l’air chute de 25% lorsque le flux d’air et le flux de chaleur sont dans le même sens et de 80% lorsque ces deux flux sont en sens contraire.
On constate ainsi que sans une parfaite étanchéité à l’air, les performances d’un isolant sont considérablement réduites impliquant des conséquences évidentes sur la performance énergétique globale d’un bâtiment et sur la consommation d’énergie. Nul doute que ce phénomène permet d’expliquer que, entre 1990 et 2006, les émissions de gaz à effet de serre des secteurs résidentiel et tertiaire aient continué à augmenter, malgré le durcissement constant des exigences en matière de résistance thermique – la perméabilité à l’air des matériaux n’étant pas pris en compte dans la méthode de calcul du R.
Dans le neuf, la RT 2012 est donc une étape significative pour réaliser de vraies économies d’énergie dans le secteur du bâtiment. Mais ce n’est pas suffisant si l’on considère les près de 20 millions de logements existants peu ou pas isolés. Il est donc essentiel que l’approche globale de la RT 2012 soit au plus vite étendue aux bâtiments existants. Les méthodes de calcul du R doivent également être adaptées pour prendre en compte le niveau de perméabilité à l’air des isolants ainsi que d’autres facteurs comme leur capacité à agir contre le rayonnement et la convection, que seul des tests en conditions réelles d’utilisation sont en mesure d’appréhender de manière efficace.





